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Libéria : L’agriculture, la solution au défi du chômage des jeunes

Avec sa chaîne en or, casquette de baseball, et un short jean trop ample, Junior Toe porte l’uniforme des jeunes citadins du Libéria. Passez quelques minutes avec ce jeune homme et il est évident qu’il a l’intelligence de la ville pour correspondre à cette apparence. 

Toutefois, le domaine d’expertise de Toe se situe en dehors de la ville et sur la ferme.

« Regardez le plant de piment là-bas », déclare-t-il lors d’une visite d’une ferme communautaire non loin du centre-ville de Monrovia. « Mettez-le dans le sol, arrosez-le pendant quelques temps, et vous vous ferez de l’argent ».

Toe est le fondateur et directeur exécutif du ‘Community Youth Network Program’ (Programme du réseau communautaire des jeunes – CYNP), qui forme les jeunes dans l’agriculture et l’élevage.

« Là-bas, nous avons une pépinière pour des choux », poursuit-il. « Si vous essayez de produire du choux sur le sol maintenant, les pluies vont lui rendre la vie dure. C’est le genre de connaissances que nous partageons ».

La sécurité alimentaire et des emplois valorisants pour les jeunes du Libéria ont longtemps été des défis majeurs pour cette nation d’Afrique de l’ouest. Aujourd’hui, un certain nombre de programmes communautaires et initiatives gouvernementales s’emploient à aborder ces deux situations. Des cadres disent qu’ils espèrent que ceci est le début d’un changement majeur dans la façon dont les jeunes Libériens participent au secteur agricole.

Selon un rapport publié en 2010 par le Programme des Nations Unies pour le développement, 30 pour cent des terres du Liberia sont arables et près de 90 pour cent des superficies cultivées reçoivent suffisamment de pluies. Pourtant, selon le rapport sur les Perspectives de la sécurité alimentaire au Libéria pour 2012, 60 pour cent de la population est classée comme « souffrant de l’insécurité alimentaire ».

Le secteur agricole du Libéria a été dévasté par des décennies de mauvaise gestion et de guerre. En 1980, le sergent-chef Samuel Doe a pris le pouvoir par un coup d’Etat et son règne, qui a pris fin 10 années plus tard, a été caractérisé par des politiques incompétentes qui ont entravé le développement.

En 1989, le pays a éclaté en une guerre civile qui a continué sporadiquement jusqu’en 2003. Ces années ont vu le seigneur de la guerre – et, plus tard, président – Charles Taylor piller les ressources du pays et alimenter des violences qui ont tué 250.000 personnes. Même un nombre plus élevé de gens ont fui le Libéria ou ont été déplacés à plusieurs reprises.

Selon une évaluation réalisée en 2009 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), entre 1987 et 2005, la production de l’aliment de base du pays, le riz, a chuté de 76 pour cent.

« La production agricole a augmenté ces dernières années puisque le secteur se remet lentement, mais les rendements sont encore bien en deçà de la moyenne régionale et l’insécurité alimentaire est élevée », indique le document, ajoutant que le Liberia produit encore seulement près de 40 pour cent du riz dont il a besoin pour nourrir ses quelque quatre millions d’habitants.

La jeunesse du Libéria a été également touchée par le conflit, des dizaines de milliers de jeunes ont été contraints de rejoindre des factions rebelles alors qu’ils n’étaient que de petits garçons et de petites filles. Les projets de réinsertion dirigés par l’ONU ont tenté de réintégrer les ex-combattants et les victimes de la guerre, mais ces programmes sont maintenant largement critiqués comme étant des échecs.

« J’ai suivi le processus de désarmement, la formation d’une semaine », déclare Toe, en ricanant.

« Mais beaucoup de gens n’ont véritablement jamais profité de cela. Les hommes étaient traumatisés; ils étaient habitués au fusil, à l’argent, et à obtenir ce qu’ils voulaient rapidement ».

Toe affirme qu’après avoir vu les lacunes des programmes de réinsertion, il s’est mis à lancer son propre projet, celui qui serait mieux adapté au Libéria. Il a estimé qu’avec un sol fertile et un climat chaud et humide, l’agriculture était la voie à suivre. Alors, il a fondé le CYNP en 2007.

L’organisation dispose désormais d’un centre de formation à Bensonville, dans le comté de Montserrado (environ une heure de route au nord-est de Monrovia). Dans ce comté, la terre est divisée en huit fermes où d’anciens stagiaires et partenaires gèrent des lopins soit sur leur propre propriété ou sur des terres communautaires. Le Forum des jeunes agriculteurs garde un lien avec les participants et travaille pour sensibiliser et attirer de nouvelles recrues.

La clé du succès du CYNP, et ce qui le distingue du travail passé de l’ONU avec les ex-combattants, c’est l’accent mis sur l’appropriation. « Nous travaillons avec vous pour développer votre propre projet dans votre communauté où vous le gérez », souligne Toe.

Selon Toe, il y a actuellement près de 100 jeunes inscrits dans des programmes de six mois au centre de Bensonville, et jusqu’à 500 diplômés pratiquent maintenant l’agriculture dans les communautés situées autour de Montserrado.

Un certain nombre de ces diplômés peuvent être rencontrés en train d’exploiter une terre dans un domaine public inutilisé dans le quartier de Fiamah à Monrovia. Alfred Kapehe déclare que le CYNP l’a aidé à passer de l’agriculture de subsistance à la petite agriculture commerciale. De même, James Paylay dit que la petite ferme qu’il entretient lui rapporte assez d’argent pour louer une maison, nourrir sa famille, et payer les frais de scolarité de ses enfants.

« Tout provient du jardin », affirme Playlay.

Le vice-ministre libérien du Développement de la Jeunesse, Sam Hare, a reconnu une statistique souvent citée de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) indiquant que seulement trois pour cent des jeunes Libériens sont intéressés par l’agriculture. Mais, dans une interviewe accordée à IPS, il soutient que la situation évolue.

« L’agriculture a été identifiée comme la clé pour briser le défi du chômage des jeunes », dit-il.

Avec sa chaîne en or, casquette de baseball, et un short jean trop ample, Junior Toe porte l’uniforme des jeunes citadins du Libéria. Passez quelques minutes avec ce jeune homme et il est évident qu’il a l’intelligence de la ville pour correspondre à cette apparence. 

Toutefois, le domaine d’expertise de Toe se situe en dehors de la ville et sur la ferme.

« Regardez le plant de piment là-bas », déclare-t-il lors d’une visite d’une ferme communautaire non loin du centre-ville de Monrovia. « Mettez-le dans le sol, arrosez-le pendant quelques temps, et vous vous ferez de l’argent ».

Toe est le fondateur et directeur exécutif du ‘Community Youth Network Program’ (Programme du réseau communautaire des jeunes – CYNP), qui forme les jeunes dans l’agriculture et l’élevage.

« Là-bas, nous avons une pépinière pour des choux », poursuit-il. « Si vous essayez de produire du choux sur le sol maintenant, les pluies vont lui rendre la vie dure. C’est le genre de connaissances que nous partageons ».

La sécurité alimentaire et des emplois valorisants pour les jeunes du Libéria ont longtemps été des défis majeurs pour cette nation d’Afrique de l’ouest. Aujourd’hui, un certain nombre de programmes communautaires et initiatives gouvernementales s’emploient à aborder ces deux situations. Des cadres disent qu’ils espèrent que ceci est le début d’un changement majeur dans la façon dont les jeunes Libériens participent au secteur agricole.

Selon un rapport publié en 2010 par le Programme des Nations Unies pour le développement, 30 pour cent des terres du Liberia sont arables et près de 90 pour cent des superficies cultivées reçoivent suffisamment de pluies. Pourtant, selon le rapport sur les Perspectives de la sécurité alimentaire au Libéria pour 2012, 60 pour cent de la population est classée comme « souffrant de l’insécurité alimentaire ».

Le secteur agricole du Libéria a été dévasté par des décennies de mauvaise gestion et de guerre. En 1980, le sergent-chef Samuel Doe a pris le pouvoir par un coup d’Etat et son règne, qui a pris fin 10 années plus tard, a été caractérisé par des politiques incompétentes qui ont entravé le développement.

En 1989, le pays a éclaté en une guerre civile qui a continué sporadiquement jusqu’en 2003. Ces années ont vu le seigneur de la guerre – et, plus tard, président – Charles Taylor piller les ressources du pays et alimenter des violences qui ont tué 250.000 personnes. Même un nombre plus élevé de gens ont fui le Libéria ou ont été déplacés à plusieurs reprises.

Selon une évaluation réalisée en 2009 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), entre 1987 et 2005, la production de l’aliment de base du pays, le riz, a chuté de 76 pour cent.

« La production agricole a augmenté ces dernières années puisque le secteur se remet lentement, mais les rendements sont encore bien en deçà de la moyenne régionale et l’insécurité alimentaire est élevée », indique le document, ajoutant que le Liberia produit encore seulement près de 40 pour cent du riz dont il a besoin pour nourrir ses quelque quatre millions d’habitants.

La jeunesse du Libéria a été également touchée par le conflit, des dizaines de milliers de jeunes ont été contraints de rejoindre des factions rebelles alors qu’ils n’étaient que de petits garçons et de petites filles. Les projets de réinsertion dirigés par l’ONU ont tenté de réintégrer les ex-combattants et les victimes de la guerre, mais ces programmes sont maintenant largement critiqués comme étant des échecs.

« J’ai suivi le processus de désarmement, la formation d’une semaine », déclare Toe, en ricanant.

« Mais beaucoup de gens n’ont véritablement jamais profité de cela. Les hommes étaient traumatisés; ils étaient habitués au fusil, à l’argent, et à obtenir ce qu’ils voulaient rapidement ».

Toe affirme qu’après avoir vu les lacunes des programmes de réinsertion, il s’est mis à lancer son propre projet, celui qui serait mieux adapté au Libéria. Il a estimé qu’avec un sol fertile et un climat chaud et humide, l’agriculture était la voie à suivre. Alors, il a fondé le CYNP en 2007.

L’organisation dispose désormais d’un centre de formation à Bensonville, dans le comté de Montserrado (environ une heure de route au nord-est de Monrovia). Dans ce comté, la terre est divisée en huit fermes où d’anciens stagiaires et partenaires gèrent des lopins soit sur leur propre propriété ou sur des terres communautaires. Le Forum des jeunes agriculteurs garde un lien avec les participants et travaille pour sensibiliser et attirer de nouvelles recrues.

La clé du succès du CYNP, et ce qui le distingue du travail passé de l’ONU avec les ex-combattants, c’est l’accent mis sur l’appropriation. « Nous travaillons avec vous pour développer votre propre projet dans votre communauté où vous le gérez », souligne Toe.

Selon Toe, il y a actuellement près de 100 jeunes inscrits dans des programmes de six mois au centre de Bensonville, et jusqu’à 500 diplômés pratiquent maintenant l’agriculture dans les communautés situées autour de Montserrado.

Un certain nombre de ces diplômés peuvent être rencontrés en train d’exploiter une terre dans un domaine public inutilisé dans le quartier de Fiamah à Monrovia. Alfred Kapehe déclare que le CYNP l’a aidé à passer de l’agriculture de subsistance à la petite agriculture commerciale. De même, James Paylay dit que la petite ferme qu’il entretient lui rapporte assez d’argent pour louer une maison, nourrir sa famille, et payer les frais de scolarité de ses enfants.

« Tout provient du jardin », affirme Playlay.

Le vice-ministre libérien du Développement de la Jeunesse, Sam Hare, a reconnu une statistique souvent citée de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) indiquant que seulement trois pour cent des jeunes Libériens sont intéressés par l’agriculture. Mais, dans une interviewe accordée à IPS, il soutient que la situation évolue.

« L’agriculture a été identifiée comme la clé pour briser le défi du chômage des jeunes », dit-il.

Inter Press Service (IPS)

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