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Un éco-village pour le développement et pour réduire l’exode rural au Sénégal

 

Le village de Mbackombel, situé dans la région de Thiès, dans l’ouest du Sénégal, passe actuellement de village traditionnel pour devenir éco-village par l’exploitation de l’énergie solaire et la maîtrise de l’eau au profit des populations des zones rurales.

Mbackombel qui signifie (Baobab au fruit délicieux en Sérère, une langue locale), se trouve à 83 kilomètres de Dakar, la capitale sénégalaise. Selon la dernière statistique avant l’élection présidentielle de 2012, Mbackombel compte 1.156 habitants.La démarche de l’éco-village, selon des experts écologistes, permet aux villages plus petits de bénéficier d’un centre de vie moderne, autosuffisant sur le plan énergétique, de la maîtrise de l’eau, et de la mise en œuvre d’un projet agropastoral. Chaque éco-village représente un investissement d’un million de dollars, selon Demba Mamadou Ba, directeur général de l’Agence nationale des éco-villages.Une visite de IPS en juin à Mbackombel, une localité de 35 foyers, a permis d’observer un village électrifié à l’aide de panneaux photovoltaïques. A part l’éclairage, les panneaux solaires sont utilisés pour faire fonctionner un moulin et un forage d’un débit de 50 mètres cubes par heure pour maîtriser de l’eau tant pour la consommation que pour irriguer les jardins et abreuver le bétail.

En outre, cette potentialité en eau aide la population de la localité à pratiquer le maraîchage, à cultiver du mils, du sorgho, et de l’arachide, et d’autres plantes variées.

L’école élémentaire du village, qui va de la maternelle au cours moyen 2ème année, dispose d’une bibliothèque, d’une salle informatique dont les ordinateurs sont équipés de panneaux solaires. Un moyen de réduire la fracture numérique et qui permet à cette population de se connecter par Internet avec le reste du monde.

«Nous faisons aussi de la pisciculture. Actuellement, nous n’avons que des alevins et nous espérons rentabiliser cette activité économique au-delà de la consommation de poisson», déclare Robert Birame Ndour, chef de village et responsable de la pisciculture. «Actuellement, nos jeunes qui sont dans les grandes villes, sont tous revenus au village. Ils ont tous du travail ici: les uns sont des jardiniers et d’autres des éleveurs ou maçons».

Alouise Thiaw, 25 ans, estime que l’exode rural n’est plus d’actualité dans le village car les activités génératrices de revenu s’imposent grâce aux opportunités créées avec le projet éco-village, notamment le jardinage, l’élevage et le commerce.

«J’étais apprenti maçon à Dakar, mais depuis que ce projet a été lancé, je suis en train d’y gagner ma vie. Même ce bâtiment, c’est nous les jeunes qui l’avons construit… Je gagne 55.000 francs CFA (environ 106 dollars) par mois. Je suis employé par les responsables du projet», indique-t-il à IPS. Il ajoute que lorsqu’il n’a aucun bâtiment à construire, il s’occupe à curer la digue d’adduction d’eau pour le jardinage ou pour le bétail.

Bachir Camara, président du conseil de surveillance de l’Agence nationale des éco-villages du Sénégal, affirme que le pays est engagé dans la réalisation de 14.000 éco-villages autonomes sur le plan énergétique à l’horizon 2020, dans le cadre de lutte contre la pauvreté.«Ce programme est initié en partenariat avec l’Agence de développement des entreprises en Afrique. Avec l’expertise d’une quinzaine de chefs d’entreprises françaises, les éco-villages sont un moyen incontournable pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement. Et Mbackombel est un modèle», dit-il à IPS.

Selon le ministre sénégalais de l’Ecologie et de la Protection de la Nature, Ali Haidar, le projet a été lancé en août 2008 sur un financement de 4,5 millions de dollars du Fonds mondial pour l’environnement et du Programme des Nations Unies pour le développement. Et l’objectif est de mettre en application effective un modèle de développement novateur pour le développement écologique participatif, solidaire, responsable et durable des campagnes, comme à Mbackombel, souligne-t-il.

«Il s’agit ainsi de promouvoir l’autonomie des éco-villages en énergie propre, en eau et en produits forestiers pour la disponibilité, à tout moment, de fruits, de bois d’œuvre, de bois de service et d’énergie. Avec ce programme, le Sénégal entre dans l’ère écologique des villages du futur et apporte des solutions aux causes et des réponses d’adaptation aux conséquences des changements climatiques», déclare Haidar.

Il souligne qu’un imposant programme de reboisement se chiffrant en moyenne à un million de plants par éco-village, pour une restauration des capacités productives des terres, ainsi que la promotion d’emplois verts et la fixation des jeunes dans les éco-villages, sont des objectifs atteints à Mbackombel.

Mamadou Kane, représentant du Fonds international de développement agricole (FIDA) pour le Sénégal et la Gambie, indique que le FIDA approuve l’initiative des éco-villages qui sont, selon lui, des moyens d’expérimentation de l’agriculture biologique et une possibilité pour les populations de s’auto-suffire en termes d’alimentation propre.

Le FIDA aide le Sénégal dans le développement de l’agriculture depuis plusieurs années à travers 16 projets, y compris celui des éco-villages. «Le développement villageois est au cœur de nos soucis et c’est une bonne chose qu’on puisse donner de développement à Mbackombel», affirme Kane à IPS.

Koffigan E. Adigbli, Inter Press Service

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