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Hévéa: Comment rendre cette culture encore plus rentable?

(AfriqueCroissanceVerte) L’association de plusieurs cultures pérennes est possible, voire même rentable. C’est ce que viennent de démontrer des chercheurs du Cirad et leurs partenaires ivoiriens grâce au suivi, sur 17 ans, d’un essai où étaient associés l’hévéa ― une culture de plein soleil qui culmine à plus de 25 mètres ― et d’autres arbres de rente adaptés à l’ombre, comme le caféier et le cacaoyer.

Entaille du tronc de l'hévéa pour en recueillir la sève

Entaille du tronc de l’hévéa pour en recueillir la sève

L’association de l’hévéa avec d’autres cultures pérennes peut permettre aux petits planteurs de diversifier leurs sources de revenus et ainsi de tirer un meilleur parti de leurs terres jusqu’à ce que les hévéas deviennent productifs, à l’âge de 6 ans. Pour les aider à choisir le système de culture le plus rentable, des chercheurs du Cirad, du CNRA et d’Hévégo ont comparé les bénéfices d’une monoculture d’hévéas à ceux d’hévéas cultivés en association avec d’autres cultures pérennes ― caféier, cacaoyer, citronnier, kolatier ― dans des parcelles installées dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire.

Des données relevées sur le terrain pendant 17 ans

L’intérêt premier de cette étude est sa durée. L’essai a été suivi pendant 17 ans, et les données ont toutes été relevées sur le terrain sans qu’il soit nécessaire de recourir aux simulations ou aux estimations, comme c’est souvent le cas.

Il comprenait des parcelles d’hévéas plantés selon le dispositif traditionnel, en rangs simples distants de 7 mètres, et des parcelles d’hévéas associés à un autre arbre, plantés en rangs doubles à 3 mètres, avec des interlignes larges de 16 mètres pour favoriser la croissance et la production de la culture associée.

Les quatre arbres associés, tous d’une durée de vie commerciale d’environ 25 ans comme l’hévéa, étaient le caféier, le cacaoyer ― deux arbres qui poussent à l’ombre et ne dépassent pas 4 mètres de haut s’ils sont cultivés ―, le citronnier et le kolatier ― qui eux ont besoin de soleil.

Les coûts de tous les intrants et de la main-d’œuvre ont été enregistrés ainsi que les productions pendant 17 ans à partir de la plantation, pour chaque culture et pour chacun des systèmes ― monoculture et association.

Tirer le meilleur parti des terres

Lorsque l’hévéa est associé à une autre culture, son rendement individuel n’est pas affecté par les arbres cultivés dans les interlignes et la productivité des arbres associés se maintient grâce aux interlignes suffisamment larges, qui évitent l’effet concurrentiel de l’ombrage des hévéas. Ce dispositif permet de prolonger de près de 3 ans la période pendant laquelle les rendements des cultures associées ne sont pas pénalisés.

Compte tenu de la densité de plantation de chacune des cultures associées, la production de l’hévéa représente environ 89 % de la production totale par rapport à la monoculture, et celle des cultures intercalaires de 24 % pour le kolatier à 32 % pour le caféier. Les rendements cumulés permettent donc d’obtenir un excédent global par rapport à la monoculture d’hévéa qui varie de 17 %, pour l’association hévéa-kolatier, à 21 %, pour celle de l’hévéa et du caféier. Cet excédent indique que l’association assure une meilleure utilisation des terres.

Avec le caféier et le cacaoyer : des associations rentables

Les associations hévéa-caféier et hévéa-cacaoyer sont nettement plus rentables que les autres associations et que la monoculture d’hévéa jusqu’à la douzième année.

En revanche, les associations hévéa-citronnier et hévéa-kolatier n’ont jamais été rentables, la première du fait du faible prix des citrons, la seconde, parce que les kolatiers n’ont commencé à rapporter qu’à partir de la septième année.

Les bénéfices bruts cumulés des associations sont positifs dès la troisième année, pour l’association hévéa-caféier, et dès la quatrième année, pour l’association hévéa-cacaoyer, alors que, pour la monoculture d’hévéa à la densité traditionnelle de 510 plants par hectare, le point d’équilibre financier n’est atteint qu’à la huitième année.

Pour l’ensemble des associations, 88 % des recettes totales proviennent de l’hévéa et entre 4 %, pour le kolatier, et 25 %, pour le caféier, des arbres intercalaires.

Des systèmes de culture diversifiés et durables

L’association de l’hévéa avec d’autres cultures pérennes est un moyen de réduire la concurrence pour la terre, tout en diversifiant les revenus des agriculteurs et en réduisant les contraintes de trésorerie avant que la production de latex ne débute. C’est notamment le cas des associations avec le cacaoyer et le caféier.

Ces systèmes de culture pourraient ainsi offrir une réelle valeur ajoutée et s’avérer plus durables que la monoculture.

Le Cirad

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