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Afrique: Un nouveau programme d’appui au développement du secteur agricole

(AfriqueCroissanceVerte) Les acteurs du secteur agricole en Afrique sont invités à promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement social en signant la déclaration PPP4PPP mise en place par le Coleacp. Ce qui leur permettra de bénéficier des  formations pour mieux se conformer aux exigences du marché.

La foire Fruit Logistica qui a réuni des dizaines de milliers de producteurs exportateurs de fruits et légumes du monde les 5,6 et 7 février dernier à Berlin en Allemagne, a servi de contexte au lancement du programme d’appui à  la durabilité  » sustainability support program, en anglais  » mis en place par l’association internationale Coleacp (Comité de liaison Europe-Afrique-Caraïbes). Il s’agit d’inciter les producteurs et exportateurs agricoles d’Afrique à signer la déclaration Private Public Partnership for People Planet and Profit » (PPP4PPP), qui marque l’adhésion de ceux-ci au nouveau programme. Tout comme les participants africains de la foire, les importateurs européens des fruits et légumes en provenance de l’Afrique sont concernés par cette nouvelle donne.

Rendue public pendant les dernières journées européennes pour le développement tenues à Bruxelles en novembre dernier, la déclaration s’appuie sur la nouvelle stratégie de la Commission européenne pour le développement   « Agenda for Change ». Elle vise, selon Emmanuel Bourcelet, le Responsable de l’information et de la communication du Coleacp, à promouvoir les principes de responsabilité sociale des entreprises dans le secteur agricole.

Bonnes pratiques agricoles et managériales

« En signant la déclaration, entreprises et opérateurs agricoles, organisations paysannes, producteurs et gouvernements s’engagent à faire du business dans le respect de certaines valeurs sociales parmi lesquelles le salaire minimum, le respect des droits des enfants « , a-t-il expliqué.

Les signataires auront l’opportunité de rejoindre un réseau qui milite en faveur de pratiques agricoles durables à travers le nouveau programme. « De multiples outils de formation, une plate-forme de e-learning, et plus d’un millier d’experts locaux formés sont prêts à soutenir et former les entreprises qui s’engagent à adopter de bonnes  pratiques sociales et environnementales, a poursuivi Emmanuel. Il s’agira aussi de travailler ensemble pour continuer à soutenir les efforts de la filière à employer des solutions alternatives aux pesticides traditionnels, plus généralement de promouvoir des techniques de travail respectueuses de l’environnement permettant d’améliorer la rentabilité économique de l’activité agricole et ceci  jusqu’aux petits producteurs « .

Grâce à cette déclaration, le Coleacp espère que les petites et moyennes entreprises vont tirer profit des opportunités qui sont générées par la stratégie  » Agenda for change  » de la Commission européenne.

Des  centaines de signataires

 » Plus de deux cents organisations représentant 1 500 000 petits agriculteurs, des ONG, des universités, des producteurs et exportateurs des pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) et les importateurs de l’UE ont déjà signé la déclaration PPP4PPP », explique le Chargé de la Communication du Coleacp. Il invite par ailleurs d’autres structures à rejoindre l’initiative.

Président de la Coopérative fédérative des acteurs de l’horticulture du Sénégal, Cheikh Ngane ne regrette pas d’avoir signé la déclaration : « Nous espérons ainsi avoir un plus grand accès au marché européen où nous sommes confrontés à de nombreuses exigences en termes de certification à acquérir, des limites maximales de résidus de pesticides à respecter etc… Ce sont autant de barrières commerciales que nous comptons surmonter grâce aux formations qui nous seront fournis par les experts locaux du Coleacp », explique-t-il, tout en souhaitant un commerce plus équitable entre l’Union européenne et les pays Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP). « L’Union européenne doit davantage appuyer les pays ACP pour aller vers une agriculture qui s’inscrit dans le développement durable. Pour avoir accès au marché européen, nous investissons tous les jours pour améliorer la qualité des produits sans aucun impact sur nos revenus. C’est un paradoxe ! La qualité aujourd’hui  est simplement considérée comme une condition d’accès sur le marché européen. Il faut renverser ces tendances « , s’insurge Cheikh Ngane qui souhaite par ailleurs que l’Union européenne en tienne compte.

Anne Matho 

Interview

Macoumba Diouf :  » Nous voulons aider les producteurs à améliorer la production nationale « 

Macoumba Diouf, Directeur national de l’horticulture au Ministère de l’agriculture et de l’équipement rural du Sénégal explique pourquoi son pays signera la déclaration PPP4PPP.

Le Sénégal s’apprête à signer la déclaration PPP4PPP. Pourquoi cet intérêt ?

Cette initiative PPP4PPP nous a trouvés en train de travailler à la relance de  l’horticulture dans notre pays à travers notre plan stratégique de développement de cette filière pour la période 2014-2017. On ne saurait y parvenir sans mettre le secteur privé (petites/moyennes entreprises et organisations de producteurs) au coeur des préoccupations. Il faut que le secteur public qui est dépositaire de la vision politique accompagne ce que les producteurs font. Ceci passe par un partenariat public-privé, qui est prôné par la déclaration PPP4PPP. C’est pourquoi nous pensons que le Coleacp, est un partenaire de taille qui pourrait nous aider à faire ce que nous avions décidé de faire nous-mêmes bien avant la publication de la déclaration. Nous applaudissons donc des deux mains cette initiative du Coleacp qui vient nous renforcer dans cette volonté que nous avons nous-mêmes au Ministère de l’agriculture du Sénégal.

Qu’attendez-vous concrètement de ce nouveau programme du Coleacp?

Dans le cadre de notre plan stratégique de développement de l’horticulture pour la période 2014-2017, le Sénégal prévoit des activités bien claires et des objectifs de productions précis. Par exemple à l’horizon 2017, nous voulons porter la production d’oignons de 250 000 tonnes à 305 000, la tomate doit passer de 60.000 tonnes à 200 mille tonnes. La production de pommes de terre doit être portée à 40 mille tonnes. Pour atteindre ces objectifs, nous devons accroître la compétitivité des entreprises et des organisations paysannes pour les permettre d’être plus compétentes. Ceci se traduit par un ensemble de projets qui visent la structuration et la professionnalisation des filières, l’accompagnement et le renforcement des capacités des acteurs depuis la production jusqu’à la mise sur le marché.  Nous aimerions que le Coleacp nous soutienne dans ce sens et justement les projets qui lui seront présentés vont être extraits de ce plan stratégique. En effet, nous voulons non seulement une production plus importante, mais en plus de meilleure qualité, conforme aux normes de l’union européenne. Nous espérons recevoir un renforcement des capacités de nos producteurs dans ce sens. Ce qui permettra d’accroître nos exportations sur le marché européen et même dans les autres pays de la sous-région Afrique de l’ouest.

Anne Matho

Vous pouvez signer la déclaration ici :

http://docs.google.com/forms/d/1Pji53bVVt9Fzn0g7l55heqxzssalCxhMiLpjYuIPgdQ/viewform

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1 Comment on Afrique: Un nouveau programme d’appui au développement du secteur agricole

  1. Anne, felicitation, vous etes une excellente journaliste

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