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La Mauritanie face au défi de la gestion durable des ressources naturelles

(AfriqueCroissanceVerte) LES POINTS MARQUANTS
  • La Banque mondiale publie sa première édition des Cahiers économiques de la Mauritanie pour aider les décideurs politiques dans la gestion de larges recettes minières pour améliorer la résilience macroéconomique, la diversification et la productivité.
  • Le rapport accueille favorablement le récent rééquilibrage de la composition des dépenses publiques de la Mauritanie, ainsi que l’augmentation des dépenses d’investissement dans les infrastructures clés.
  • Les ressources renouvelables de la Mauritanie représentent environ les deux tiers des richesses naturelles, et peuvent donc – si elles sont gérées de façon adéquate – assurer un flux de revenu constant et permettre d’améliorer le bien-être pour des générations futures.
NOUAKCHOTT, le 21 août 2014 – Une bonne gestion des ressources naturelles en Mauritanie peut stimuler la croissance économique et jeter les bases d’un développement durable dans le pays, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale publié aujourd’hui.
Dans la première édition des Cahiers économiques de la Mauritanie, la Banque mondiale analyse les tendances macro-économiques actuelles et identifie les moyens pour ce pays de relever le défi d’un développement socio-économique inclusif.

Vera Songwe

Vera Songwe Directrice des opérations pour la Mauritanie

Open QuotesUne économie en développement riche en ressources naturelles comme la Mauritanie, qui a enregistré des taux de croissance élevés, peut bien devenir un exemple de réussite en Afrique subsaharienne. Le pays a un potentiel inexploité considérable et, compte tenu des efforts en cours par le gouvernement visant à accroître la productivité et à améliorer la diversification, peut rapidement atteindre un développement durable et inclusif Close Quotes

L’économie mauritanienne a connu une croissance robuste de 6,7% en 2013, soutenue par un secteur minier en plein essor, un fort rebond de l’agriculture, et une expansion des services. Le secteur minier représente environ un quart du PIB, près de 20 % des recettes de l’État, et plus de la moitié des exportations.

Le pays a récemment obtenu le statut de pays à revenu moyen inférieur, en grande partie grâce à l’abondance de ses ressources naturelles. Un maintien de cette croissance est anticipé au cours des trois prochaines années, étant donné l’expansion continue de la production minière, et en particulier du minerai de fer.
LES DÉFIS DE LA CROISSANCE INCLUSIVE, DE LA DIVERSIFICATION, ET DE L’EFFICACITÉ DANS L’UTILISATION DES RESSOURCES    

La Mauritanie a réussi à augmenter son revenu par habitant au cours des dernières années, grâce à l’envol des revenus tirés des ressources naturelles. La répartition des revenus est cependant restée inchangée pendant les deux dernières décennies et le défi du chômage reste de taille, en particulier pour les moins de 35 ans et les populations rurales.

Open QuotesPour un pays possédant de telles ressources naturelles, une bonne gestion est essentielle pour garantir que la croissance soit partagée Close Quotes Gianluca Mele, économiste

« La Mauritanie devrait poursuivre ses investissements productifs dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures, et augmenter ses dépenses sociales et la prestation des services publics, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation », explique Gianluca Mele, économiste.

Les décideurs politiques mauritaniens sont confrontés à un choix difficile entre répondre aux besoins immédiats de la population et la nécessité d’investir en préparation d’un avenir plus ou moins lointain dans lequel les ressources non renouvelables seront épuisées. Selon le rapport, la question politique clé à laquelle le pays fait face est de savoir comment mettre en place les bases d’une croissance de long terme, compte tenu qu’une partie importante des richesses est progressivement érodée.

Travailleur local au port de pêche artisanale de Nouakchott.

RECOMMANDATIONS

En soulignant l’importance de continuer à améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources, le rapport propose quatre domaines d’action pour aider la Mauritanie à exploiter pleinement son potentiel de croissance :

  • Envisager la création d’un mécanisme d’épargne finalisé à la stabilisation et aux transferts intergénérationnels fonds de stabilisation pour les générations futures:La possibilité de conserver, à court terme une partie des revenus provenant des  ressources naturelles dans un fonds souverain devrait être examinée. La Mauritanie peut s’inspirer du succès du Fonds national de revenus des hydrocarbures, créé au milieu des années 2000, qui représente aujourd’hui 115 millions de dollars, soit l’équivalent de 3% du PIB.
  • Investir les recettes des ressources dans le pays : L’analyse du budget de l’État reflète un récent changement de politique dans ce sens. Les dépenses publiques semblent être réorientées vers des domaines tels que l’énergie et les infrastructures de transport, ainsi que vers la suppression progressive des subventions et l’abandon d’une approche réactive aux crises, en faveur de méthodes structurées et systématiques permettant de mieux gérer les vulnérabilités externes, notamment les crises alimentaires.
  • Renforcer la gestion des finances publiques : Le gouvernement de la Mauritanie a engagé un assainissement budgétaire, via une coordination renouvelée entre les autorités fiscales et douanières, une expansion de l’assiette fiscale (les recettes fiscales passant de PIB de 14 % en 2009 à plus de 22 % en 2013), et une meilleure visibilité des données budgétaires, permise par l’adoption de la plateforme BOOST en 2014. La Mauritanie devrait également consolider la gestion des finances publiques par le renforcement de l’efficacité des cadres de dépenses à moyen terme (CDMT) et la rationalisation des procédures de passation de marchés publics.
  • Améliorer la qualité des services publics et favoriser la transparence dans le secteur public: Bien que la Mauritanie ait enregistré des résultats remarquables en matière de scolarisation dans le primaire et de parité dans la scolarisation, la qualité des services de santé doit être améliorée pour atteindre les objectifs du millénaires pour le développement (OMD), notamment en matière de la mortalité maternelle et infantile. Il est également essentiel que le pays s’engage à ce que les processus de recrutement du secteur public suivent des voies transparentes, s’appuient sur la méritocratie, et que l’information statistique soit produite et diffusée régulièrement.

Cliquez ici pour accéder au rapport complet sur l’évolution récente de la Mauritanie

Source: La Banque Mondiale


AfriqueCroissanceVerte est une plate-forme traitant des problématiques qui se rapportent au développement durable et à l’économie verte en Afrique.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

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